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Sujet
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Ils parlent de la mort comme tu parles d’un fruit
Ils regardent la mer comme tu regardes un puits
Les femmes sont lascives au soleil redouté
Et s’il n’y a pas d’hiver cela n’est pas l’été
La pluie est traversière elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise le temps s’immobilise
Aux MarquisesDu soir montent des feux et des points de silence
Qui vont s’élargissant et la lune s’avance
Et la mer se déchire infiniment brisée
Par des rochers qui prirent des prénoms affolés
Et puis plus loin des chiens des chants de repentance
Et quelques pas de deux et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise et l’alizé se brise
Aux MarquisesLe rire est dans le coeur le mot dans le regard
Le coeur est voyageur l’avenir est au hasard
Et passent des cocotiers qui écrivent des chants d’amour
Que les soeurs d’alentour ignorent d’ignorer
Les pirogues s’en vont les pirogues s’en viennent
Et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font
Veux-tu que je te dise gémir n’est pas de mise
Aux Marquises.Pour moi, la perfection faite chanson…. La plus belle du grand Jacques avec « ne me quitte pas » et « les vieux », mais il y en a tant d’autres.
J’apprécie particulièrement dans cette chanson le dépouillement du texte. Chaque mot est essentiel, et celui de la musique, qui donne une profondeur toute particulière au propos. La façon de chanter, très posée et lente, renforce encore cet effet.Mes deux vers préférés :
« Du soir montent des feux et des points de silence
Qui vont s’élargissant et la lune s’avance»Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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