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Lettre à François

  • Ce sujet contient 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par EMA, le 18-06-2007 18:26.
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    Sujet
  • #2601580
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    EMA
      • Sujet: 213
      • Réponses: 778

      Plage. L’esquisse. L’essence. La lagune. Ma main dans la page de l’eau. Terre !
      L’écriture qui nourrit la plume. J’ai froid ce matin.
      Et ce soir, je grelotterai devant le feu de bois.
      Des coups répétés qui frappent la mémoire.
      La flamme s’emballe. Mes yeux s’étoilent. Sous la couverture de la lune.
      Je pense à nous.
      Ce pays aux frontières ouvertes. Au mystère derrière les portes.
      Sur la ligne des vols. De l’autre côté de la mer. Où le dessin plonge dans le ciel.
      J’ai froid. Toujours cet espace.
      Tu parles avec les voies, plus étroites que la chance.
      Et je te lis entre les lignes.
      Je dois savoir. Croire. A moi de boire l’éternité des sables.
      Tu es la plaine qui glisse. La toile.
      Les pieds coulés. La main dans l’encre, qui se laisse porter.
      Je regarde autour de moi. Faite d’horizons, la barque ferrée au givre.
      Toi derrière le miroir. Que je ne vois qu’à travers nous. Dans les nuances du métal.
      Puis la donne. La joie. La tristesse. La lampe à l’école du savoir. Et du devenir.
      La chanson de Jacques Brel. Qui tourne sur le disque noir. Ne me quitte pas.
      Bouteille jetée à la mer. La lettre roulée de soleils. Pour Elise.
      Dans le double bleu du ciel. Que tu articuleras.
      Beethoven composait. Et tu chantais les cordes dans les églises.
      Les notes s’égrènent. Les souvenirs perlent. S’inquiètent et s’enchaînent.
      C’est la machine. La déchirure dans les pierres.
      Assise sur le banc passé des prières, le temps m’échappe.
      Et je pense dans le vent.
      Près de l’autel. Comme un moulin attelé à ses ailes.
      A tes gestes sereins. Le poêle que tu allumais.
      Les poussières que tu balayais avant les offices.
      Aux bougies qui tremblaient de toucher l’air. L’encens qui filait. Ebruitait le silence.
      Le rituel.
      Tes larmes patientes. Ajoutant des rives de l’autre côté du ciel.
      Nos pas, dans l’immortalité. Dans les pas mouillés du soleil.
      Des deux arcs-en-ciel.

      Virage dans l’eau.
      L’onde refait ton visage à la ronde. Les nuages plâtrent l’écho.
      L’empreinte clôt les jours faits, dans son sabot.
      Des réminiscences les répètent, les quais les amarreront.
      Une goutte d’eau.
      Mille boucles s’auréolent et maints oiseaux les survolent !
      Fleurs de craie aux rideaux qui plombent.
      Autant de cristaux s’irisent à l’horizon que mes yeux sondent.
      La voix partout dans l’eau. Les mots voilés de pardons.
      A la hauteur des maisons que nous porterons, c’est demain que nous reverrons.
      François.
      Ce jour-là, tu riais dans l’âme.
      Le toit débordait d’ardoises. Les murs se coloraient d’esquifs qui crayonnaient les ombres.
      Je te trouvais jeune, beau, gai, au milieu de tout. Et de nous tous qui ridions les mots.
      Nous dansions de cette vague profonde que nous partagions…
      notre longue Amitié. Rare, que trop confondrait d’en parler.
      Mon prénom venait après celui de ta femme.
      Tu ne pouvais séparer les deux. Puisqu’elle m’appelle et me demande, comment tu vas…
      voix d’une mère vers son enfant.
      C’était le dernier de nos jours. Je ne savais pas que tu partirais si tôt dans mes larmes.
      J’aurai ramassé plus d’eau dans le feu. De saisons vives dans les étoiles.
      Ton âge faisait la jeunesse des années. Et tu les emportes, plus loin que les mots.
      Tu as peint les plus belles scènes de la vie, à l’échelle infinie.
      Là je te sais, comme tu me vois. Ne me demande pas d’oublier.
      A moi de veiller. De fleurir les pierres. De bêcher. De sarcler.
      De déraciner les mauvaises herbes.
      D’aborder les richesses dans la tombe.
      De reprendre les prières que tu versais au jardin.
      D’un geste mesuré qui répandait dans l’enceinte des jours, la lumière bleue du matin.
      A moi de venir à tes promesses. De les tenir.
      De les mettre au monde.
      Comme l’enfant qui ouvre les portes.

      EMA

      Toi l'ineffable devenir,
      Dont je bois les mots de l'autre c?t? des choses.
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    • Auteur
      Réponses
      • #2735308
        Plume d'or
        ★★★★☆☆
        ahlami
          • Sujet: 103
          • Réponses: 690

          Bienvenue EMA

          Trés bel écrit que j’apprécie beaucoup, trés bien exprimé, enhainement des idées , je vois à cette lecture que ta plue sera grandiose est bein apprécié
          Grand bravo et au plaisir de te relire
          Amicalement Amina

        • #2735313
          Plume d'or
          ★★★★☆☆
          EMA
            • Sujet: 213
            • Réponses: 778

            Merci ahlami. Je suis touchée par ton mot. D’autant plus, que j’ai perdu un GRAND AMI. Il me manquera jusqu’à la fin de mes jours.
            EMA

            Toi l'ineffable devenir,
            Dont je bois les mots de l'autre c?t? des choses.
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