-
Sujet
-
[b][size=x-large]Ô rage, Ô désespoir….[/size][/b]
[size=large]
DON VIEILLOT (larmoyant)
Ô rage, Ô désespoir…., Ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette avanie ?
Et me suis-je blanchi en travaux jardinier
Pour finir sans pouvoir transporter mon fumier ?
Ce bras, qui tant de fois, mania la serpette,
Le râteau et la houe, même la serfouette,
Trahit ma volonté et ne peut rien pour moi.
Et je suis épuisé, cueillant trois petits pois.
Deux carottes, un navet, me voilà sur les fesses !
Soulever un fétu me tue, je le confesse !
De plus, le pot-au-feu me rentre entre les dents,
Et même le bifteck me parait du ciment…
Mon râtelier branlant craint un os à ronger…
Viens mon fils, viens mon sang, viens me venger !DON JEUNOT (épouvanté)
Te venger ? Mais de quoi ?
DON VIEILLOT (hurlant)
D’un affront si cruel
Qu’à la vie de ton père il porte un coup mortel !
Car, si ça continue la coupe sera pleine :
Dans moins d’un mois, vois-tu, je perdrai ma bedaine !DON JEUNOT (compatissant)
Rien ne m’arrêtera pour t’ôter du souci !
DON VIEILLOT (soulagé)
Viens à table, assieds-toi… et mâche mon rôti !
SIGNÉ : Vieille Corneille
(Écrit en pleine pandémie et ça se sent)
[/size]Avec mes amitiesAlain
Pour voir mon site : Mes vers a moi
""Les tambours de la solitude eveillent, aux frontieres de l'exil, l'Eternite qui baille sur les sables."""
(Saint John Perse)
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.



