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Sujet
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Il est légitime de s’interroger sur les raisons et motivations d’un tel écrit dans la mesure où une autobiographie est toujours sujette à caution en raison de la déformation de la vérité qu’elle peut engendrer volontairement ou non. S’il n’est pas question d’une justification dans la grande tradition de ce genre d’écriture, je suis bien obligé d’en constater son caractère cathartique. C’est grâce à des notes prises patiemment, pendant longtemps, pour faciliter éventuellement le travail de remémoration que certains détails n’ont pas été effacés. Le résultat est celui d’un « moi » observateur que j’étais et d’un « moi » analyste essayant de comprendre. Je n’avais aucun véritable projet d’écriture, et pendant très longtemps, la seule question « comment faire » restait sans solution. Ma démarche réfléchie permit de surmonter « l’innommable ».
L’autre question inévitable est « pourquoi le faire ». En dehors de doute considération du bien et du mal, l’éclairage forcément psychanalytique qu’il m’a fallu adopter pour donner sens à mes observations isolées, n’a pas de prétention à valider telle ou telle théorie. Ma démarche est le contraire d’un traité, d’un roman. Elle fut au sens premier le moyen de changer le monde en le révélant et en nommant. A aucun moment, les grandes difficultés auxquelles je me confrontais ne m’ont fait sombrer dans le découragement ou le sentiment de l’absurde. Sans doute est-ce dû à la force de mon élan vital et d’une confiance en l’avenir de ma résistance qui était nécessaire et fondée.
Est-ce utile ? Pour moi, la réponse est oui sans ambigüité ni hésitation. Pour les autres, je ne suis pas prétentieux au point de revendiquer cet aspect ; toutefois lire mon voyage intérieur pour sortir d’un cercle digne de ceux de Dante n’est pas une affaire si banale, toute considération faite.
L’écriture fut mon radeau de survie et l’outil indispensable pour le voyage intérieur que nous devons tous accomplir un jour pour notre quête d’identité.
Dans notre pacte autobiographique, Lecteur, il faut considérer seule ma tentative d’explorer la vie qui fut la mienne et je te rends juge de ma sincérité et de ma qualité d’ « honnête homme ».
PL. S
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mais tu le valais bien