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Tous mes rivages sont des déserts

  • Ce sujet contient 3 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Pierre Wattebled, le 28-01-2011 09:05.
  • Créateur
    Sujet
  • #2613603
    Pierre Wattebled
      • Sujet: 753
      • Réponses: 943

      Tous mes rivages sont des déserts

      Tous mes rivages sont des déserts où s’étalent les fantômes fatigués; gisants invisibles dont je perçois l’étrange respiration. Effroyables présences qui écartent les mouettes crieuses, parties rejoindre l’oubli intemporel. Y a t-il une âme qui puisse m’entendre ? M’expliquer ?
      M’expliquer, pourquoi mon histoire s’efface, qu’une heure suffit à recouvrir mes pas. Il y a des tempêtes derrière moi. Je fuis en avant. Je fuis vers un autre péril, un passage obligé pour exister.
      J’avance sur le sable brûlant qui aspire à la vague, à l’écume d’un impossible amour, et même à quelques mirages ou joueraient mes fantasmes. Le vent forme des tertres mouvants qui rencontrent des dunes, seins grenus …seins grenus et ronds à perte de vue livrés à la métamorphose ; j’ai soif d’aimer, ils réclament des caresses; alors, pourquoi pas, quelques pas encore jusqu’à la pulpe de mes doigts pour jouir de leur douceur avant qu’elles ne s’évanouissent à leur tour. Que faire ? Rester là à goûter le présent ? L’esprit ancré dans le présent ne creuse-t-il pas sa tombe…Quelque chose me souffle que l’oasis est proche, que j’y trouverai un élixir de jouvence, des dattes aphrodisiaques, et un futur souriant aux lèvres d’une femme.

      J’en appelle aux esprits, aux dieux, parfois à Dieu lui-même, avec cette force qui soulève les montagnes et qui, finalement, vous anéantit sans vous détruire totalement. Je ne suis ni scorpion, ni hyène, ni chacal. J’aurais préféré être une rose des sables sculptée par une main divine, dussè-je devenir mortel dés son premier regard : celui d’un être dont les rivages sont des déserts…Y a –t-il une âme qui puisse l’entendre, lui expliquer, pourquoi son histoire s’efface, qu’une heure suffit à recouvrir mes pas ? Et cette respiration étrange des gisants en quête d’éternité ?

      Pierre WATTEBLED – le 13 décembre 2010

    Vous lisez 2 fils de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #2795845
        Pierre Wattebled
          • Sujet: 753
          • Réponses: 943

          Rassurez-vous, ce n’est pas ici mon véritable état d’esprit: il s’agit d’une fiction; il se peut qu’une part logée dans mon inconscient se soit révélée le temps d’écrire ce texte. Mais il y a aussi de l’allégresse à venir.
          Merci à tous.

          Pierre

        • #2796494
          Christiane
            • Sujet: 303
            • Réponses: 5824

            Une fiction (heureusement !) que j’ai eu plaisir à lire …

          • #2796680
            Pierre Wattebled
              • Sujet: 753
              • Réponses: 943

              Relisant mon texte et ton commentaire, je me suis dit que l’amertume comme la joie président la vie de chacun en alternance; l’une et l’autre s’effacent n’étant que des sensations de même que l’empreinte des pas dans le désert. Evidemment notre esprit et notre âme en gardent un plus ou moins vif souvenir. Nous devons ici bas faire le deuil de tout – n’en conserver que le meilleur et espérer qu’il puisse en notre mémoire servir de viatique pour l’avenir.
              Ce poème est le fruit d’une réflexion parmi d’autres au regard d’une vie qui nous réjouit autant qu’elle peut nous dérouter.

              Quelques temps aprés avoir écrit ce poème, nous avons perdu un être proche de 59 ans que la vie n’avait pas épargné. Peu à peu le sable du temps le recouvre d’un peu d’oubli à notre corps défendant.

              Pierre WATTEBLED

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