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Un quai de gare à Toulouse – Poème interprété par Carolyne Cannella

  • Ce sujet contient 4 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par ThierryCABOT, le 11-02-2025 13:06.
  • Créateur
    Sujet
  • #2718443
    ThierryCABOT
      • Sujet: 312
      • Réponses: 739

      Un très grand merci à Carolyne Cannella pour sa merveilleuse interprétation !

      Sur le quai fauve et noir empli de moiteurs sales,
      Les âges se défont au rythme aigu des trains…
      Voici longtemps. Peut-être en mai. Comme en rafales,
      Des houles de joie ivre incendiaient mes reins.

      J’avais les yeux ravis et comblés de l’enfance.
      La magie à ma lèvre, où fusait le bonheur,
      Inondait le ciel chaud d’un rêve sans défense
      Plus naïvement clair que l’envol d’une fleur.

      La gare en fièvre s’agitait à perdre haleine ;
      Le vent soûl balayait le matin finissant ;
      Et tout à coup je vis, dans un souffle de laine,
      Sourire jusqu’à moi ton pas resplendissant.

      Mes bras tendus, au point de soulever le monde,
      Capturèrent le baume ailé de tes cheveux
      Alors que, titubante au bout d’un soir immonde,
      Une vieille passait, les doigts fous et nerveux.

      Nous étions le miroir béni de toute chose ;
      Les chatoiements de l’heure embellissaient nos mains.
      Irréelle et chantant, la fière ville rose
      Alignait ses toits purs et ses féconds chemins.

      Ô couple aveugle au temps dont saigne l’ombre infâme !
      Ta jeunesse coulait en lumineux accords
      Et nul regard ne vint arracher cette femme
      Au néant qui bientôt lui mangerait le corps…

      Le même quai… plus tard, sans que tu me revoies.
      Déjà, rien que l’infime écume d’un grand jour,
      À peine un blanc fantôme errant le long des voies
      Tandis que, chargé d’ans, je titube à mon tour.

      Ton image, noyée au fond de l’amertume,
      Est une eau pâle et trouble égarée en mes yeux,
      Un murmure de soie enfoui sous la brume,
      Une âme frissonnante au bord de vagues cieux.

      Et le limon obscur des mois et des années
      A glacé mon visage et fendillé mon cou ;
      Si parfois j’ai bu tant d’espérances bien nées,
      J’ai vingt fois du destin essuyé le vil coup.

      Or là comme jadis, la foule bourdonnante
      Gronde avec l’appétit d’un long fleuve qui croît ;
      Comme jadis, au loin, charmeuse et fascinante,
      Toulouse rit toujours dans le beau soleil roi.

      Affaibli par cent maux où l’enfer se dessine,
      Je longe le vieux quai plein de moites relents,
      Quand devant moi soudain – ô brûlure assassine ! –,
      Pareil au nôtre, un couple unit ses vœux tremblants.

      Il ne me connaît pas. Les trains vont, à la file.
      Une brise d’amour me flagelle et me mord.
      Et vaincu, las de tout, pauvre chose débile,
      Je m’abats sur le sol en épousant la mort.

      Poème extrait de « La Blessure des Mots »
      https://www.accents-poetiques-editions.com/produit/la-blessure-des-mots/

    Vous lisez 3 fils de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #3556088
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir Cher Ami poète Thierry,

          Une histoire qui donne les larmes aux yeux tant elle est poignante…

          Superbement triste ta très belle poésie en partage !

          Belle nuit Cher Ami poète Thierry !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3556137
          Plume de diamant
          ★★★★★★
          cyrael
            • Sujet: 4849
            • Réponses: 48873

            merci pour ce partage émouvant

            bonjour poète

            l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
          • #3556138
            ThierryCABOT
              • Sujet: 312
              • Réponses: 739

              Merci encore, chère Sybilla.
              Ce poème fait écho à un autre poème intitulé « Le sang du monde ».
              Bien amicalement et à bientôt,
              Thierry

            • #3556145
              ThierryCABOT
                • Sujet: 312
                • Réponses: 739

                Merci, cher cyrael.
                Excellente journée !
                Amicalement,
                Thierry

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