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UNE AUTRE HISTOIRE 18

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Parceval, le 21-07-2024 12:55.
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    Parceval
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      Une autre histoire – 18 –

      Dès l’appel de Juliette, Laure est remontée chez elle, ne tenant pas à se retrouver en présence de Bastien. Mais sa sœur intervient en termes nets :
      ? Bon , écoute, j’en ai marre de trouver des excuses vaseuses à ton absence. Alors tu descends, tu le vires ou vous vous arrangez quand moi je serai partie. En attendant on fête la vente, comme il le souhaite,vu ?
      Dix minutes après, il débarque avec l’attirail classique : assiettes, flûtes et serviettes papier, un champagne rosé et des gâteaux. Autant dire qu’il pousse la porte avec le pied, Juliette à la rescousse.
      Avec un sourire contraint et en évitant de croiser son regard, Laure fait bonne figure dans le cadre d’un apéro commercial. On trinque à l’heureuse conclusion de cette affaire en devisant avec entrain.
      ? C’est peu dire que je suis satisfait. Je remonte à Paris demain pour prendre les dispositions pratiques en financières. Vous m’appelez dès que la date pour le compromis est fixée, que je sois présent. J’espère d’ailleurs que les diagnostics obligatoires prendront peu de temps. Vous avez été super efficaces pour négocier en mon nom.
      Quelques verres plus tard, coupés de lieux communs « délicieux, ces macarons, je suis sûre qu’ils viennent de chez Benoît… » Juliette ouvre le bal, lorgnant sur la pendule :
      ? Bon , ce n’est pas que je m’ennuie, mais ce soir j’ai deux hommes à la maison. Je vous laisse ranger et fermer la boutique … Tchao !
      Et elle se sauve illico presto.
      Laure ramasse nerveusement les reliefs de leur petite réunion  et finit par faire face à son tourmenteur, le regard presque agressif.
      ? Laure, Laurette, qu’est-ce qui se passe ? Ai-je fait quelque chose que nous n’ayons pas désiré ?
      ? Non, rien, en effet, je suis comblée. Tu as eu tout ce que tu souhaitais, n’est-ce pas, moi et la maison. J’ai eu ce que je voulais et ce que je redoutais, un statut de maîtresse que tu verras quand ça te chante ! Je n’en veux pas je ne le supporterai pas ! Alors restons en là, veux-tu ?
      Il reste interdit devant sa véhémence, et la confirmation de sa compréhension tardive du « tant pis pour moi ». Il la prend aux épaules :
      ? Mais regarde-moi, Laure. Comment peux-tu penser cela ? Ces deux jours, c’est une idée de paradis. Tu n’as pas compris ce qui est arrivé?
      Il l’étreint, elle ne résiste pas mais demeure inerte. Il murmure :
      ? Laisse-moi m’habituer à ce nouvel état : Je suis amoureux, Laure. C’est nouveau pour moi, je savais plus.
      Il la sent s’amollir. Ils demeurent enlacés et silencieux un moment, avant de se séparer et se faire face, les yeux dans les yeux.

      ? Et je devrais te croire. Nous ne sommes pas nés d’hier et j’ai payé cher mes erreurs passées. Je suis à vif, Bastien, je ne veux plus souffrir.
      ? Il le faudra bien, Cara Mia, tu ne dois pas mettre en doute la sincérité de mes sentiments. Je n’ai rien de plus à t’offrir, le baratin, c’est plus mon truc. Fais-moi crédit, Laure, fais-moi crédit.
      Elle se détourne, balance les restes dans un grand sac et baisse le rideau. Elle ouvre la porte de service, lui fait signe sortir avant de couper le jus. Dans le couloir qui monte à ses appartements, elle hausse les épaules, murmure «  Tant pis pour moi, tant pis pour moi » avant de se jeter dans ses bras pour un baiser passionné. Quel aveu ! Il en est tout retourné, mister Renoux. Match nul et douce nuit en perspective, au B&B.

      Après une bonne journée sur la route, il est de retour dans son appartement. Jamais auparavant il n’avait ressenti à ce point l’impression écrasante d’être prisonnier dans ces lieux imprégnés du souvenir de Florence. La chapelle d’un bonheur enfui. Qu’il en aie besoin ou non, il faudra s’en séparer pour refermer le livre.
      « Oui, je suis bien arrivé. Je t’embrasse, partout partout…. ». Direct au pieu, fatigué, fatigué. Demain , il va avoir du pain sur la planche.
      En premier, réaliser tous ses placements en cash. Ça devrait couvrir largement le montant de la transaction, telle qu’il l’avait budgétisée. Des tas de démarches, une bonne quinzaine à prévoir. De toute façons, pour ce que ça rapporte actuellement. Il vaut mieux le faire : même si l’affaire capote, il compte bien persévérer .
      En second, se remettre au boulot. Boucler les affaires en cours, préparées par Gérard. Donc, devra se déplacer à Mulhouse puis en Suisse a Soleure, puis aller a Bonn pour deux jours. Il est important de garder l’activité conseil de ses gros clients, même après sa délocalisation. Développer un réseau local, ça risque de prendre du temps.
      Travailler au corps, sonder son employé, pour voir comment peut évoluer Monsieur Descamps. Serait-il partant pour reprendre les bureaux d’Orly ? Est-il prêt à voler de ses propres ailes ou veut-il constituer l’antenne parisienne associée à son futur cabinet de Pézenas ? Dans les deux cas, il a pris suffisamment d’expérience pour se lancer. A discuter, tout ça, avant de décider quoi que ce soit. Si ça ne peut pas se faire avec lui, aviser, céder les locaux ou sous louer.

      Pour l’évaluation de l’appartement, il connaît suffisamment le marché pour avoir une petite idée là-dessus. Situé comme il est, il ne devrait pas rester longtemps à vendre meublé à un très bon prix.
      Le train, l’avion, des journées de vingt heures seront son quotidien, la semaine suivante, avant d’embrayer sur ses autres démarches. Rares sont les pauses dans ce marathon, et toujours l’occasion de d’envoyer des SMS, on se doute de la destinataire. Éloquents les minitextes, car ils ont de l’écho. Mais ça ne suffit pas, tard le soir, un jour, assez près de minuit, il ne peut résister : « Allo, tu dors ? » Quelle question idiote, maintenant elle est réveillée. Une bonne heure après, une fois racontées leurs journées, leurs échanges se font plus chauds, carré blanc assuré, clôturés par le devenu traditionnel : « Je t’embrasse, là où tu veux ». Ces rendez-vous nocturnes se répéteront souvent…
      Comme d’habitude, les banques se font tirer l’oreille pour suivre ses instructions : pour investir pas de problème, pour racheter, la galère. Mais ça se décoince petit à petit.
      Gérard se montre intéressé pour reprendre le bail des bureaux et s’installer à son compte. Il y avait déjà pensé, au cas où. Il était plus que prêt, le coquin. Comme il n’y à pas de clause de non-concurrence dans son contrat, il pourra essayer de piocher dans son réseau clients. Sans trop de dommage, il y a une majorité de fidèles.
      Il a peaufiné les termes de l’annonce, illustrée d’une vidéo, qu’il mettra en ligne sur le web, le moment venu.

      Falling in love?

      A suivre

      Parceval

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